Lux Æterna

La messe, ce rendez-vous d'amour avec la Sainte Trinité.

1. L'Adoration (Fin Latreutique)
​C'est le but premier : rendre à Dieu l'hommage qui Lui est dû en raison de sa grandeur infinie. À la messe, nous offrons à Dieu une adoration parfaite car c’est le Christ Lui-même qui adore le Père à travers

​« La fin première du Sacrifice est de rendre gloire au Père Très-Haut. Depuis la naissance jusqu’à la mort du Christ, c’est l’élan d’une adoration ininterrompue qui s’élève de son Cœur. Au moment où il s'immole sur la Croix, cette adoration atteint son sommet.
​Or, dans le Sacrifice de l’autel, cette adoration se perpétue. Par la sainte Messe, l’Église rend au Père une gloire digne de Lui, parce qu’elle Lui offre le Christ Lui-même, l’Adorateur parfait. Il n'y a rien de plus grand, rien de plus saint, rien de plus agréable à Dieu que ce culte d'adoration.
​Le divin Rédempteur, dans l’excès de sa charité, a voulu que nous fussions associés à cet hommage. Il n’est pas là seulement pour nous sauver, mais pour que, unis à Lui, nous puissions adorer Dieu d’une manière qui surpasse toutes nos forces humaines. C'est ici que l'homme, prosterné en présence de la Majesté divine, reconnaît son néant et exalte la grandeur infinie de son Créateur. Dans ce face-à-face, l’amour de Dieu nous enveloppe et nous transforme, car adorer, c’est se perdre dans le Christ pour ne plus vivre que pour la gloire de la Sainte Trinité. »

Mediator Dei" , Pape Pie XII.

2. La Contrition (Fin Propitiatoire)
Nous offrons le sacrifice pour obtenir le pardon de nos péchés. C’est le moment où nous demandons que le sang versé par Jésus purifie nos âmes et celles des défunts (le Purgatoire).

​« Le don que le Christ a fait de lui-même sur la Croix n'est rien d'autre que l'aboutissement d'un chemin qu'il a parcouru tout au long de son existence. [...] Jésus a transformé son acte de don en un sacrifice vivant.
​Dans l'Eucharistie, Jésus ne donne pas quelque chose, il se donne lui-même : son corps et son sang. Il donne la totalité de son existence, son amour, sa vérité. [...] Le sacrifice de la Croix est si radical que Jésus ne peut pas le vivre seul ; dans son amour, il veut nous impliquer, il veut que nous participions à son sacrifice.
​Ainsi, la Messe n'est pas seulement une représentation du sacrifice passé, mais elle est la présence réelle du sacrifice de Jésus qui s'offre au Père pour nous. Dans cet acte, le Christ prend sur lui nos péchés, nos difficultés, nos souffrances et les transforme en amour. C'est l'acte de la propitiation parfaite, où le monde pécheur est réconcilié avec Dieu. Par la sainte Messe, le Seigneur nous rejoint dans notre condition temporelle pour nous élever jusqu'à la communion avec la Sainte Trinité. »

Benoît XVI, homélie du 26 mai 2005 pour la Solennité du Corpus Domini.

​3. L'Action de grâce (Fin Eucharistique)
​Nous allons à la messe pour remercier Dieu de tous ses bienfaits : la création, la rédemption, nos joies et même nos croix, reconnaissant que tout don parfait vient d'en haut.

​« L'Eucharistie est véritablement un "prodigium", le miracle des miracles. Lorsque nous célébrons le Saint Sacrifice, nous ne faisons pas que nous souvenir ; nous devenons contemporains du don. L’action de grâce eucharistique est l'acte par lequel Jésus, au nom de toute l'humanité et de toute la création, rend au Père ce que le Père Lui a donné.
​En disant "merci" sur le pain et le vin, Jésus embrasse tout le monde temporel. Il prend nos joies, nos travaux, nos attentes et nos souffrances quotidiennes, et Il les transfigure en une louange infinie. Rien de ce qui est humain n’est étranger à l'Eucharistie. Chaque fois que le fidèle participe à la Messe avec un cœur rempli de gratitude, il permet à sa propre vie de devenir une "Hostie vivante".
​Louer Dieu dans l’Eucharistie, c’est reconnaître que chaque instant de notre existence est un don de la Sainte Trinité. C’est la réponse de l’amour à l’Amour. Jésus est là, fou d'amour pour nous, nous attendant à chaque Messe pour nous apprendre à dire ce "merci" qui libère l'âme. Dans l'action de grâce, nos difficultés temporelles ne sont plus des obstacles, mais des offrandes ; elles sont emportées dans le courant de la vie divine. Communier à ce sacrifice, c’est entrer dans la joie même de Dieu, c’est goûter déjà à l’éternité tout en marchant sur les chemins de la terre. L'Eucharistie est ce centre brûlant où la reconnaissance de la créature rencontre la générosité infinie du Créateur, comblant notre cœur d'une paix que le monde ne peut donner. »

Saint Jean-Paul II, encyclique Ecclesia de Eucharistia (2003).

​​4. La Supplication (Fin Impétratoire)
​C’est l'intention de demande. Parce que la messe est la prière la plus puissante, nous y présentons nos besoins temporels et spirituels, sachant que le Père ne peut rien refuser à son Fils qui s'offre sur l'autel.

« Que fait Jésus à la Messe ? C’est beau : Jésus prie. Il nous montre ses plaies au Père. Jésus, avec ses plaies, est l’Avocat : Il est devant le Père pour nous défendre et pour intercéder pour nous à chaque instant. À la Messe, quand nous présentons nos besoins, nos pauvretés, nos difficultés temporelles, ce n'est pas nous qui parlons seuls : c'est Lui qui fait voir au Père le prix qu'Il a payé pour nous.
​Quel amour fou ! Le Seigneur, qui est le Tout-Puissant, se tient là, comme une victime offerte, pour que notre prière ne soit jamais perdue. À la Messe, nous devons avoir ce courage de la foi : déposer sur l'autel nos problèmes, les souffrances de nos familles, les maladies, les angoisses pour le travail, et dire : "Regarde, Seigneur, voici mes plaies, mais regarde surtout les plaies de ton Fils qui prie pour moi."
​Le Père ne peut pas résister à la vue des plaies de son Fils. C’est le moment où la Miséricorde de la Trinité se déverse comme un fleuve. La Messe est cette "folie d'amour" où Dieu se laisse convaincre par les blessures de Jésus de nous accorder tout ce dont nous avons besoin. Ne sortez jamais de la célébration sans avoir confié vos croix au Seigneur, car Il est venu précisément pour cela : pour prendre notre fragilité et nous rendre sa force. »

Pape François, homélie du 10 février 2014.

5. La Communion Divinisante.
​C’est le but ultime de toute liturgie : que l’homme soit rendu "capable de Dieu" et qu’il vive, dès ici-bas, de la joie de la Sainte Trinité dans une communion d'amour.

​« L'Eucharistie, c'est l'union la plus intime, la plus transformante que l'on puisse imaginer entre la créature et son Créateur. À la Messe, le Christ ne vient pas seulement nous visiter, Il vient nous épouser. Il vient pour s'unir à nous comme le feu s'unit au fer pour le rendre brûlant et lumineux. Dans ce moment sacré de la communion, le voile entre le ciel et la terre se déchire, et notre âme devient un petit ciel où la Sainte Trinité vient fixer sa demeure.
​Oh ! quelle "folie d'amour" que ce Dieu qui se fait nourriture pour devenir un avec son néant ! Par le Corps et le Sang du Fils, nous sommes introduits dans le foyer brûlant de la vie trinitaire. Nous ne sommes plus seuls à adorer, c'est le Fils en nous qui adore son Père dans l'unité de l'Esprit. Dans cet échange admirable, tout ce qui est à nous devient à Lui, et tout ce qui est à Dieu devient nôtre. Nos misères temporelles, nos limites, nos obscurités sont alors noyées dans l'Océan de Sa Lumière.
​Adorer Dieu au fond de son cœur après la communion, c'est vivre déjà l'éternité. C'est se perdre en Lui, comme une goutte d'eau se perd dans l'immensité de la mer. Nous devenons une "louange de gloire" vivante. La Messe n'est pas un rite qui passe, c'est une transformation qui demeure. Le Seigneur nous comble de Lui-même pour que, sortis de l'église, nous portions partout ce mystère de présence. Nous ne marchons plus seuls sur les chemins du monde : nous portons en nous le brasier de la Trinité. »

​Sainte Élisabeth de la Trinité .
1760
Lux Æterna

​« La Messe est le moment le plus haut, le plus beau, le plus magnifique de notre vie, parce que c'est là que nous rencontrons vraiment le Seigneur. »
Pape François. Catéchèse sur l'Eucharistie, 2017.