Lux Æterna

La Liturgie, au delà de la guerre des rites.

La liturgie comme une extension de la vie même du Christ dans son Église.
« La Liturgie est l’ensemble des symboles, des chants et des actes par lesquels l’Église exprime et manifeste sa religion envers Dieu. Mais elle est plus que cela. Pour l’âme qui l’envisage à la lumière de la foi, la Liturgie est le moyen institué par l’Église pour nous faire participer aux mystères du Christ. La vie chrétienne n’est autre chose que la reproduction, en chacun de nous, des états, des sentiments, des vertus et des actions de Jésus-Christ.
​Or, l’Église, dans sa sainte liturgie, ne se borne pas à nous rappeler les mystères du Sauveur par une commémoration purement historique ; elle nous en présente la grâce de telle sorte que nous puissions nous l’assimiler. À chaque fête, le Christ se présente à nous ; Il vient pour accomplir en nous ce qu'Il a accompli en Lui-même. La liturgie est donc une rencontre sacramentelle où le temps s’efface devant l’éternité pour nous faire vivre de la vie même du Verbe Incarné. »

Dom Columba Marmion. "Le Christ dans ses Mystères (1919)".

La liturgie n'est pas une simple récitation, mais une ascension de l'âme vers la Lumière.
​« Celui qui veut s'approcher des divins mystères doit d'abord secouer la poussière des affections terrestres et faire le calme au plus profond de son cœur. Que ton âme se prépare comme un sanctuaire vide de toute image étrangère, car l'Esprit Saint ne peut écrire sur une page qui n'est pas vierge.
​Pour participer avec fruit à la louange des anges, il faut trois choses : une attention vigilante pour ne pas laisser errer l'esprit, une humilité profonde qui reconnaît son indignité devant la Majesté divine, et surtout une ardeur d'amour qui transforme chaque parole en un acte de désir. On n'entre pas dans la sainte liturgie par l'intelligence seule, mais par la porte de l'affection, car là où est ton amour, là est ton trésor, et là doit être ton repos. »

Saint Bonaventure (1221-1274), le « Docteur Séraphique ».

Au dela de l'opposition Novus Ordo / Vetus Ordo
​« On ne peut pas fabriquer la liturgie ; on peut seulement la recevoir comme un fruit mûri au cours de l'histoire. [...] Celui qui cherche seulement la nouveauté ou celui qui se fige dans le passé pour en faire un bastion personnel commet la même erreur. Car la liturgie n'est pas une question de forme que l'on oppose à une autre dans une dialectique humaine.
​Si nous nous arrêtons à la forme, nous faisons de la liturgie notre propre œuvre au lieu de la laisser être l'œuvre de Dieu. Dès que l'on met en opposition dialectique l'ancien et le nouveau, on en oublie la profondeur véritable, qui est l'unité du Mystère. Le rite est une fenêtre : si le verre devient opaque à force de fixations sur les détails extérieurs, il ne laisse plus passer la lumière de la Présence divine. La véritable "participation" n'est donc pas de discuter sur les rites, mais d'entrer, à travers eux, dans l'action de grâce éternelle du Christ. »

​Joseph Ratzinger, L'Esprit de la liturgie.

"​Mais sache surtout que le Seigneur ne se contente pas des figures et des signes extérieurs. Le véritable autel, c'est ton âme ; le véritable sanctuaire, c'est ton cœur. Si tu n'as pas en toi-même cette liturgie de l'Esprit qui s'accomplit dans le silence et le pur amour, les rites extérieurs ne te serviront de rien. Car Dieu est Esprit, et c'est dans l'esprit et la vérité qu'Il veut être adoré, au-dedans de l'homme, là où le Christ vient demeurer sans l'aide des mots et des formes passagères. "
​Saint Macaire d'Égypte, Homélie XV.
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